Jeudi 8 mai 2008

Pour une fois, la khâgneuse médiévale est sortie de son antre poussiéreux pour aller voir (tenez vous bien) un film le jour de sa sortie !!! (c’est la première fois depuis le Seigneur des Anneaux, pour lequel j’avais réservé plusieurs mois à l’avance, mais osef) Il me paraît donc impérieux d’en faire hic et nunc, enfin, surtout nunc, la critique. J’étais tombée par hasard sur l’affiche, représentant une jeune fille bonde et mimi tout plein dans un bain moussant dont la blancheur cessait après quelques cm de bulles pour faire place à d’inquiétantes (zet humides) ténèbre, le sous titre « chaque rose à ses épines » (pas d’une originalité ni d’une nouveauté extraordinaire, mais passons), les commentaires de divers journaux (une comédie politiquement incorrecte, humour noir etc…) mais surtout le titre, Teeth (pour une fois que je ne vous fait pas poireauter un paragraphe entier avant de lâcher le titre !) me plurent tout de suite. Et puis une intuition (féminine, huhuhu), vu la fille, le bain, le noir, la rose, les dents : c’est une histoire de vagin denté ! Hier, je me renseigne, et bingo, c’est bien ça ! Non, ne partez pas, je vois déjà l’idée pernicieuse qui sournoisement s’insinue dans vos esprits : ça n’est pas du teenmovie bien gras et lourd, ni un film porno, oui, c’est un thème vu, revu, ressassé depuis la nuit (vaginale ?) des temps, et justement, c’est comme cela que c’est, très intelligemment, traité : comme un mythe, le mythe des mystères de la sexualité féminine, l’interdit par excellence qui s’incarne dans les Etats-Unis modernes et prouvent que les mentalités n’ont en rien évolué (on y parle aussi d’évolution, à propos) et que depuis que l’Homme existe, la femelle éprouve toujours son sexe comme une chose étrangère à elle, voire dangereuse, le mâle comme une chose tout aussi dangereuse, à vaincre, dominer, prendre.

 

Mais commençons par le portrait particulier de ce mythe universel : Dawn est une jeune vierge de 16 ou 17 ans (8I8 ceci est un papillon) qui vit avec sa mère, gravement malade, son beau père, homme fort sympathique, et le fils de ce dernier (Brad, au moins je sais pourquoi j’ai retenu son prénom… mais pas de Janet à l’horizon, triste…), jeune homme perturbé, violent, mais qui a l’extrême bon goût d’écouter du métal à longueur de journée, ce qui garantit une excellente bande son ! La première scène présente le traumatisme originel de Brad : les deux enfants jouent dans une piscine, Brad refuse d’accepter Dawn comme une sœur (on sent, et on sait plus tard, mais c’est tellement évident que ça ne gâche rien que de le dévoiler ici, que c’est parce qu’il l’aime et la désire et ce nouveau statut empêche toute relation amoureuse entre eux), comme souvent le font les jeunes enfants, ils se montrent leurs sexes (on ne le voit pas) quand soudain Brad pousse un cri retentissant et sort de l’eau, le bout de l’index profondément tailladé. Depuis ce jour, il va développer une terreur devant le vagin et la femme en général qu’il domine (c’est le cas de le dire) en traitant ses petites amies comme des chiennes (il en a d’ailleurs une, un rotweiler de combat appelée Mother car il n’en a pas, de mère), leur imposant des pratiques sexuelles excluant toute pénétration vaginale (je ne vais pas vous faire un dessin non plus, bande de pervers !) une fois encore, on ne voit rien de choquant, on entend, on voit l’avant et l’après, le film reste très pudique. Dawn, elle, bien que sa famille ne l’ai visiblement pas orientée dans cette voie là, est une fervente prédicatrice pour l’abstinence et la virginité jusqu’au mariage, elle multiplie les conférences dans les lycées, appuyée par pasteurs et groupes de cathé, engageant garçons et filles à faire une promesse solennelle de chasteté avant le mariage qu’ils matérialisent par une bague rouge à l’annulaire qu’ils n’ôteront que pour la remplacer par l’alliance d’or. C’est au cours d’une de ces conférences qu’elle rencontre un jeune homme duquel elle tombe amoureuse (et c’est réciproque) et sent en elle s’éveiller les premiers désirs sexuels.

C’est l’occasion pour un public européen de découvrir autrement que par des documentaires une Amérique profonde (le film est tourné au Texas) où les profs de biologie qui exposent les thèses darwiniennes se heurtent aux convictions de leurs élèves, où des collégiens récitent par cœur avec une misogynie tout à fait inconsciente les versets de la Genèse concernant Adam et Eve (la côte d’Adam, le serpent, tout ça…) avant de se déchaîner sur de la pop, où ce sont les jeunes qui militent et défendent des valeurs traditionalistes dont les parents n’ont cure, où se mêlent violence, armes à feu, chiens de combat, déviances sexuelles et angélisme béat, rêves de princesse à 17 ans dans une chambre de petite fille (ceci est du rose!), où dans les livres d’anatomie, la page « vagin » est cachée par un énorme autocollant. Il y a aussi la « couleur locale » de la nature, des sorties qui sûrement sont encrées dans le quotidien des jeunes américains mais peu pratiquées en France : par exemple aller entre amis découvrir des lieux secrets et idylliques en forêt, se baigner dans des mares inconnues, tout ce rapport confiant à la nature dont témoignent de nombreux films (d’horreur, car la nature se révèle moins amis que les jeunes n’auraient cru) américains, ainsi que des BD comme Black Hole et qui me paraît faire défaut aux jeunes Français. C’est l’occasions de scènes d’une grande beauté, très touchantes auxquelles ont pourra peut-être reprocher un symbolisme trop évident. Mais ce défaut, présent dans tout le film qui veut maladroitement prouver que non, ça n’est pas un simple film drôle et crado, mais qu’il soulève un problème millénaire ancré dans la culture universelle, peut tourner au jeu : allez le voir entre amis et amusez-vous à repérer tous les symboles freudiens ou mythologiques : ils sont pléthore et insérés avec plus ou moins de finesse ! De la grotte derrière la cascade au Jardin d’Eden, en passant par Méduse et quelques vanités (fort bien réussies soit dit en passant), le film fourmille de références.

Mais le plus intéressant reste le rapport de Dawn à son sexe, cette chose mystérieuse, dont personne ne lui a jamais parlé, qui reste LE tabou majeur, l’Innomable (il y a quelque chose de lovecraftien dans ce sexe androphage et insaisissable). Si le cas de Dawn est particulier à cause de son milieu et de son absence totale d’éducation sexuelle, toutes les vierges et celles qui se souviennent encore de ce temps là pourront se retrouver dans ses angoisses, en effet, pour la femme, le sexe n’est jamais, comme pour l’homme, quelque chose d’immédiat, elle ne l’ont pas dans la main à chaque fois qu’elles veulent pisser, elles ne peuvent le voir, et ce qu’elles en voient peut leur sembler répugant. Or ce sexe (si l’on considère tout l’appareil reproductif dans son ensemble) s’impose douloureusement à elle (je signale à mes chers lecteurs, qu’ils ne peuvent même pas imaginer les proportions que peuvent prendre les règles chez certaines filles, ni la douleur atroce qu’elles leur infligent, et doute qu’ils puissent en supporter autant) lui empêche certaines activités, bref, s’affirme en elle comme une altérité, comme quelque chose de vivant indépendamment de sa volonté, d’où le thème du monstre, du démon (dans de très nombreuses mythologies). C’est ce que signifie l’image du vagin denté de Dawn, qu’elle ressent comme une présence impure (par ses désirs) en elle. Or au cours du film, elle va apprendre à l’apprivoiser, à le maîtriser, à se l’approprier, et finalement à en faire une arme, à le considérer comme un don merveilleux comme un pouvoir. Ce qui représente l’apprentissage de la sexualité par la jeune fille ( 8I8 autre papillon). En effet, le premier rapport sexuel de Dawn est presque un viol, il lui est violemment imposé, et son vagin réagit en arrachant le pénis de son « agresseur », puis c’est un gynécologue qui la manipule sans délicatesse ni égards, malgré ses protestations et sa douleur, et qui y laisse quatre doigts, jusqu’à ce qu’elle découvre que lors d’un rapport doux, respectueux de sa personne et soucieux de son plaisir, sa « vagina dentata » se révèle parfaitement innofensive, et que finalement elle prenne les commandes de ce « mécanisme » et s’en serve pour se venger de ceux qui lui on fait du mal. En revanche, je déconseillerais le film aux jeunes gens vierges qui, s’ils ne prennent assez de recul, pourraient être gênés dans leurs futures relations avec le sexe féminin. (et là, du bleu)

 

Enfin, Teeth outre une très belle illustration de l’appropriation de son sexe par une jeune fille, est une comédie mordante et jouissive (oui, c’est nul, mais depuis le temps, j’espère que vous ne comptez plus sur moi pour faire des jeux de mots fins), avec de la bonne musiques, des scènes hilarantes (par exemple lorsque la jeune fille pure, en virginale robe blanche se relève du lit fatal, jambes écartées et que le pénis de sa victime choit lamentablement à terre) ce qu’il faut d’hémoglobine (pour une fois que quelque chose de bon sort d’une bite !) pour assaisonner le tout. Bref, pour vous mesdemoiselles (8I8, troisième papillon), c’est un devoir que d’aller voir ce film (votre sexualité ne s’en portera que mieux), pour vous mesdames, la jouissance sera double, pour vous messieurs, vous y apprendrez à ne pas vous conduire en mufles et à respecter le plaisir féminin, pour vous mesdamoiseaux… euh… il y a Iron Man aussi…

Alors, femmes modernes,filles de Lilith, prenez contrôle du pouvoir qui est en vous !!!

PS: non, Skychounette, je ne fiche pas de toi, voici un os à ronger, tu l'auras, ton dessin rose et bleu avec des papillons et des fleurs!

par Macht
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Mardi 6 mai 2008

Ca faisait longtemps que je voulais faire un article sur le mouvement pro-ana qui sévit sur internet, mais vu la dernière loi liberticide que notre cher gouvernement a pondu, il devient urgent de s’exprimer tant qu’on le peu encore, car si les lois françaises suivent cette pente, je redoute que d’ici quatre ans ce blog soit interdit pour déviances en tout genre. Je vais certes me fendre d’un mot sur le mouvement pro-ana mais pas que, c’est aussi le moment d’être un poil futile et de parler de corps, de mode, de beauté, de graisse, de muscles et d’os. Annonçons la couleur : je ne vais pas me faire des amis, mes vues sur la questions ne brillent pas par leur correction politique. A titre de précaution oratoire, connaissez-vous La Reine des Neiges ? Il s’agit d’un magnifique conte d’Andersen qui a bercé toute mon enfance (entre autres contes), si je m’en souviens bien (mais cela doit faire au moins douze ans que je ne l’ai plus lu ni entendu, donc mes souvenirs nécessiteraient un petit rafraîchissement, c’est le cas de le dire) ce sont de amis (ou cousins, je ne crois pas frère et sœur car il semble bien qu’ils soient amoureux, mais avec Andersen, on ne sait jamais…) Kai et Gerda (suis pas vraiment sûre du nom de la fille) qui vivent pauvrement mais heureusement avec une vieille femme, je crois me souvenir aussi d’un jardin avec des roses, mais tout cela est assez confus, bref, dans le ciel, des démons de l’air se sont disputés et ont brisé leur miroir (j’aime bien ce thème, il y a un côté Hoffmann), un éclat en est tombé dans le cœur de Kai, qui devient dur et cruel, un autre dans un de ses yeux, qui fait qu’il ne voit plus que les aspects négatifs de toutes choses et se met à détester Gerda, la vieille et le jardin de roses (Adam, Eve, le jardin d’Eden… blabla, ouais, c’est pas d’une finesse de dentelle brugeoise les contes hein, enfin, c’est peut être la Genèse qui exprime un schéma universel, mais ne dévions pas) et rencontre la Reine des Neiges, femme fatale et sublime, toute de blanc vêtue dans son fantastique traîneau  qui l’attire auprès d’elle et le retient prisonnier dans son château de glaces, lui gelant toujours plus le cœur, Gerda va se mettre a se recherche (et le sauve à la fin, après diverses péripéties). Donc je suis un peu à l’image de Kai : un éclat du miroir démoniaque m’est tombé dans l’œil et je ne vois que très rarement la beauté en ce monde (pour le cœur, je ne sais pas à ceux qui me connaissent d’en juger).

 

Alors allons-y, parlons tout d’abord du Beau (à défaut du Vrai, qui nous échappe toujours plus ou moins, et du Bon, qui est tout ce qu’il y a de plus incertain). J’ai toujours eu une grande méfiance pour les personnes voyant la beauté partout, et surtout qui en font des tonnes, du genre « oh comme tu es belle ma chérie, tu es ma-gni-fique » quand on a la face grêlée de boutons, elles me font le même effet que celles qui mettent la main sur le cœur pour dire merci : signe extérieur d’hypocrisie, en général, plus on en ajoute, plus on fait d’effets de manche, moins il y a de fond (je ne parle ici que pour les Européens de l’Ouest, on ne va pas taxer un Japonais d’hypocrisie quand il fait des courbettes, ni appliquer ces considérations à un Russe dont le caractère passionné pourrait injustement sembler surjoué). Mais si, il y a des gens qui serviront du « magnifique » à une grasse donzelle à l’amas de chair surabondant aussi bien qu’à une gamine affublée des lunettes de Brejnev, du dentier d’un Tupolev, qui n’a même pas le bon goût d’être picarde et fait preuve d’une niaiserie qui ferait honte à une héroïne de Shôjo, à un thon de la glorieuse famille de cageots présentant tous les signes d’une débilité légère et d’un état physique post-Auschwitz, comme à une authentique beauté certes dépourvue de confiance en elle mais dont le charme est déjà envoûtant (il ne s’agit pas de cas réels bien sûr, j’invente complètement). Si cette hypocrisie est presque méchante pour les trois premières auxquelles elle fait l’injure de la pitié, presque de la moquerie, elle est tout à fait insultante pour la quatrième.

Et ces personnes iront même se justifier par une pseudo philosophie égalitariste « mais si, la bonté du cœur rejaillit sur le physique, l’Homme est beau etc… » sortez les violons les gars « tout le monde il est bôôooooo ». Ne venez pas me dire que dans la plupart des films comme des livres, les beaux gosses, ce ne sont pas les méchants ! Je citerais à ce propos la loi imparable formulée par le frère de Camille (que je ne nommerai pas, ne sachant s’il serait d’accord, mais de l’ire duquel je me préserve en respectant la propriété intellectuelle) « Soit t’es gentil, soit t’as la classe », imparable ! Regardez dans Star Wars : Anakin ne devient canon que lorsqu’il passe du côté obscur, bon, Matrix constitue une exception, d’accord, mais les visages respectifs de Neo et Trinity ne rayonnent pas vraiment de bonté si ? Dans Orange Mécanique, ben voilà quoi, McDowell… Dans Gothic, Byron est ultra sayks, et beau, et stylé, et n’incarne pas l’amour du prochain et la moralité protestante et puis entre Dracula et Van Helsing, Catwoman et Batgirl, La méchante reine gouine et Barbarella, Bellatrix et Mme Weasley, Shagrath et Mika la beauté n’est pas toujours du côté de la bonté. Oui, on peut être gentil et moche (la preuve, l’Abbé Pierre, Mère Térésa, Coluche), oui, on peut être intelligent et moche (Socrate, Descartes, Sartre). La beauté n’est pas du tout une affaire de contenu, elle est purement plastique. Le charme peut être une question de contenu, d’intelligence, d’aisance, de bonté, pas la beauté, il faut être précis, quoi, zut ! On peut être moche et charmant, et on n’a pas besoin d’un physique parfait pour être mignon ou joli. Mais un gros ne peut pas être beau, non ! Je connais une grosse charmante et charmeuse, une (légèrement) ronde très jolie. Mais la beauté, c’est autre chose.

 

Pour mettre le choses au point, je peux compter sur les doigts d’une main les personnes vraiment belles que j’ai vu dans ma vie. Par beau, je n’entends pas désirable. Je ne me cantonne pas non plus au « plastiquement irréprochable », une Kate Moss, une Linda Evangelista, une Adriana Karembeu son parfaitement calibrées, ça n’en fait pas de belles femmes. Il y a quelque chose d’idéal dans la beauté (humaine, je ne parle ni de la nature ni des œuvres d’art, pour les théories esthétiques globales, tapez 3615Hegel, ou www.kant.de) qui la fait différer selon l’époque et les valeurs prônées, mais seulement de très légers critères. A mon humble avis, il y a dans la beauté humaine la partie universelle (je dirais environ 70%) et la partie personnelle. Je ne crois pas que l’idéal esthétique ait beaucoup évolué, il me semble qu’il ait toujours été pour les femmes comme pour les hommes, la grandeur, la sveltesse, la fermeté des membres, le muscle pour les hommes, la poitrine pour la femme. Les déesses obèses de la fertilité ne correspondent pas à un idéal physique mais à une allégorie de la fertilité, il me semble un peu hasardeux d’y voir un modèle pour toute femme aux yeux des sociétés primitives, de même que les hommes n’étaient pas tenus d’avoir un sexe long comme leurs jambes ! Certes, dans certains coins du monde, on gave les filles pour en faire des sortes de larves humaine, je ne sais trop que penser sur ces pratiques répugnantes mais qui restent assez singulières et isolées. Il ne me semble pas qu’il y ait diversité mais bien unité dans l’idéal de beauté humaine, de l’antiquité égyptienne à la grecque, de l’art gothique à la Venus de Cranach, ou celle d’Urbino, du classicisme européen aux beautés japonaises ou massais et du romantisme à nos jours. Et juger le goût du XVIIeme par Rubens reviendrait à juger celui du XXeme par Botero, et je ne pense pas qu’on ai, à une quelconque époque préféré les rondes.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est que de nos jours, l’idéal universel de la femme svelte, au corps ferme, élancée est descendu au rang de norme, presque de devoir. Alors qu’au XIXeme par exemple on savait apprécier le charme d’une femme bien en chair (voir Le Lys dans le Vallée) et la diversité naturelle des formes, des gabarits, des physionomies, l’œil de la seconde moitié du XXeme siècle puis du XXeme siècle ne considère que l’idéal comme digne d’être son objet. Même si je tends, personnellement, à cet idéal, je trouve cette uniformisation déplorable : la joliesse dans sa diversité est aussi estimable et digne d’intérêt que la beauté dans son unité. Peut être faut-il en chercher la raison dans la prise de pouvoir de l’avoir sur l’être, de la chose sur le personne : dans les défilés, puis dans la rue, ça n’est plus l’habit qui doit mettre le charme en valeur mais la perfection des formes qui doit servir de cintre à l’habit.

Il n’en reste pas moins vrai qu’on a le droit (si ce n’est le devoir) de poursuivre un idéal, où le physique devient le reflet de vertus morale. Pour ma part, avouons ce manque d’originalité, je ne suis pas allée chercher bien loin et me rattache à l’Idéal que j’ai qualifié d’ « universel », qui est un idéal de vigueur, de fermeté, de maîtrise de son corps, de mépris pour certains vices (la gourmandise), mais sans pour autant renoncer à la part corporelle (I’m a muscle faaaaan comme dirait l’autre, m’enfin faut pas exagérer non plus, mort au culturisme !). Comme c’est un idéal, c’est assez loin, of course, ceux qui me connaissent pourront le constater, héhé… Donc non, je le répète, foin du politiquement correct, on n’est pas beau « tel qu’on est », encore moins « tel qu’on naît » mais en pliant soumettant son corps à son esprit vers un idéal élevé : le gras est signe de mollesse, les rides de décrépitude, la maigreur excessive de débilité. Et en parlant de politiquement correct, qu’est ce que c’est que cette nouvelle susceptibilité des gros à ménager, non mais oh ! Depuis quand un obèse est il « rond », non, il est gros, voilà tout ! Il y a un site de grosses nommé « rondes et vivantes » certes, qu’elles vivent, mais quand on pèse 80 kg pour 1m60, on n’est pas ronde, on est grosse ! dans ce cas là, comment appelle-t-on les vraies rondes, celles qui n’ont que quelques kilos en trop qui leurs donnent des courbes harmonieuses mais non informes et larvesques, si les grosses sont déjà des rondes, doit on dire à ces femmes qu’elle sont « onctueuses » ou je ne sais quelle autre niaiserie ? Que je sache, quand une fille est trop maigre, on ne prend pas des pincettes pour le lui dire, ni quand elle est plate, ni quand elle est boutonneuse (comment ça, ça sent le vécu ? Non mais oh, mufles !)

 

Si mon idéal de beauté pourrait correspondre à une vision « guerrière » ou du moins sportive du corps, je n’en respecte pas moins les autres idéaux, même s’ils ne me conviennent pas, même si je les trouves franchement laids, ils tout autant que le mien droit de s’exprimer sur l’agora ! Je peux dénier à une grosse l’appellation de belle, je ne désire pas que l’on empêche certaines personnes de fantasmer sur leurs formes opulentes ni de louer un idéal de « déesse mère ». C’est pourquoi la loi qui a été récemment adoptée au mépris de toute liberté d’expression, je dirais même de liberté d’idéal, presque de liberté religieuse, du moins spirituelle, car tout se tient, m’indigne particulièrement : elle condamne toute incitation à la minceur excessive, à la maigreur, à l’anorexie, censurant les mannequins jugés « trop maigres », la mode était déjà le royaume de la normalisation et de l’uniformisation grégaire, si l’Etat y ajoute ses calibres politiquement corrects, on va bientôt voir défiler des clones en uniforme militaire ! Ta-ta-tam ta-tatam ta-tatam… oui, il y a un côté Star Wars là-dedans, et on a pu rêver créatures plus attrayantes que les carapaces blanches de l’armée impériale ! Mais attention, non seulement le réel tombe sous la loi, mais aussi le virtuel, et en particulier les sites pro-ana. Alors là, je crie au grand n’importe quoi !

 

Pour ceux qui l’ignorent, il existe sur le net un courant esthétique en faveur de la maigreur, formé pour le gros (si je puis dire) d’anorexiques qui revendiquent ce que la société stigmatise comme une maladie, elles ont personnalisé l’anorexie sous le nom d’Ana et la boulimie sous celui de Mia, écrivant des manifestes particulièrement glauques comme la « lettre d’Ana » (et celle de Mia, of course, les deux étant liées, symétriques et hantent de concert l’esprit de leur victime/alliée). Il s’agit souvent de jeunes filles, qui ont à la fois conscience d’être « malades », parfois veulent s’en sortir, et sont aussi fascinées par ces deux idoles qu’elles ont fabriqué, elles s’en savent esclaves et se complaisent dans cet esclavage, dans un mélange de répulsion et d’attraction très ambigu, trouble et assez intéressant. (Je ne mets pas de lien, on me reproche assez souvent le contenu soit disant « mortifère » de ce blog, je ne voudrait pas prêter le dos au fouet, préférant de loin le côté manche ^^, mais si vous tapez « Ana et Mia » ou les deux séparément, ou « pro-ana » sur goghoule, vous serrez assez bien servis). Il existe également des associations bien pensantes « anti-pro-ana » qui luttent contre les signes extérieurs d’anorexie dans un esprit assez proche de celui de notre nouvelle loi. Pourquoi ne pas permettre à ces jeunes (et moins jeunes) de vivre leur idéal ? Il n’est pas moins noble que d’autres. Certains mettent en avant le désir de se conformer aux canons de la mode, de « plaire au garçons » mais il est bien connu que si quelque chose attire physiquement les garçons, ce sont plutôt les rondeurs qui leur rappellent leur Môman et leur permettent de mettre les mains un peu partout comme sur un gros coussin, il n’y a que certains déviants (genre moi, qui suis une fille, mais il y a bien des gars maigres aussi) qui ont envie de caresser un squelette histoire d’avoir l’impression qu’ils flirtent avec la Mort. En fait, ces jeunes filles, à mon avis, se foutent bien du regard de l’autre, des garçons mais aussi des adultes qui leur reprochent toujours leur maigreur « excessive » se référant à une norme qu’elles refusent, elles veulent se plairent à elles, dans leur monde, dans leur système de valeur, un monde narcissique, de pure réflexivité, proche de celui de l’Hérodiade de Mallarmé, minérale, diaphane, qui se contemple dans les eaux glacées de miroirs ornés de gemmes scintillantes.

Il s’agit aussi d’un refus du corps, de la matière qui emprisonne l’esprit (et il est fort vrai que l’on est bien plus lucide, sensible le ventre vide), un idéal aérien, désincarné, un idéal de pureté loin des souillures de la chair, un idéal de neige et de glaces, et l’on retrouve notre Reine des Neiges initiale (‘tain, suis balèze moi, parfois), tant il est vrai que ces jeunes filles sont sous son charme. Comme Kai, elles chérissent un idéal incorporel qui peut être la Mort cachée sous de blanches et douces parures, comme lui, elles ne voient que la laideur de leur corps et de celui des autres : toujours trop de gras, trop de laisser aller, trop de paresse, comme lui, leur cœur peu à peu se gèle et se durcit, elles deviennent irritables, méchantes, envers tout ce qui n’appartient pas à leur monde fantomatique. Je ne comprends pas de quel droit on devrait les empêcher de vivre leur rêve, de construire leur monde par des réseaux virtuels, elles qui ont réussi à maîtriser leur corps, à museler leur nature, elles ont bien le droit à l’expression.

Pourquoi les « soigner », le non respect des normes est il devenu une maladie ? Vivre son idéal un crime ? En des siècles plus spirituels que le nôtre, on les aurai vénéré comme des saintes, du moins admiré pour leur détachement du corporel, de nos jours, de grands mystiques qui par des privations tentèrent d’élever leurs perceptions, leurs âmes vers le divin seraient taxés d’anorexie et envoyés en HP. Tout cela est ridicule et marque d’une société pour laquelle seule le corps, le matériel, le visible compte, que l’on atteigne un idéal, peu lui chaut, que l’on élève son esprit par la faim, elle n’en a cure, l’aspect doit être normalisé. Les anorexiques mettent leur vies en danger dira-t-on. Certes, nuisent ils aux autres ? font ils du tort à la société ? s’il s’agit d’un lent suicide, au nom de quelle loi une société déicide interdira-t-elle le suicide ? n’est elle plus si farouchement laïciste au moment ou l’homme doit se rendre maître de sa vie ? Mais non, les parents, toujours ceux là, ils veulent conserver leurs petites choses, leurs enfants sont A EUX, ce sont les leurs, les uniques, les précccccccieux, c’est oublier que l’Anneau, euh, non, l’enfant à sa volonté propre, que même à 16 ans, il n’appartient qu’à lui-même. Et après tout, se mettent ils plus en danger que les obèses ? Les deux encourent de gros risques cardiaux, les deux ont des capacités physiques réduites, les uns par le manque, les autres par l’excès. Or on ne va pas interdire les statuettes préhistoriques dans les musées, les Rubens et les Botero que je sache ! Si des forums comme celui de « rondes et vivantes » est autorisé, je ne vois pas au nom de quoi on interdirait les sites pro-ana, deux poids, deux mesures, c’est le cas de le dire !

 

En écrivant ceci, je ne fais pas l’apologie de l’anorexie (si vous voulez savoir, je me situe dans le juste milieu des IMC), je défends seulement le droit à l’A-normalité esthétique. Mais attentions, amis déviants, le gouvernement semble avoir infligé à la Liberté un régime draconien, peut être veut il en faire l’ilote de l’anorexie, mais vos rangs, eux, vont s’en trouver considérablement grossis : attention les gros, ce sera bientôt votre tour, gothiques, rangez vos noirs atours, on pourrait vous condamner pour appel au suicide, morbidité, atteinte à la bonne humeur publique, punks, disparaissez, bandes d’anarchistes, amateurs de survêts, gare au carsher, skinheads, vous serez condamnez au même titre que Mein Kampf pour port ostentatoire de croix celtique, emos, fuyez derrières les gothiques, jeunes épileptiques à l’aquiline enseigne, craignez les ambulances de Sainte Anne. En menaçant la liberté d’expression, c’est le droit à l’individualité que l’on condamne, alors pour une fois (ça ne risque pas d’arriver souvent sur ce blog) GOD BLESS AMERICA !

 

 

par Macht publié dans : délirs sur la cité des hommes
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Jeudi 1 mai 2008

Amis prépateux qui avez sans doute besoin de délassement dans ces époques bénies où nous allons/ avons tous tôoorché comme des bêtes mais un tantinet harassantes, voici pour la détente de l’âme et du corps (préférable à celle du revolver) un joyeux petit film, frais, drôle, potache. Certes, ça n’est pas une évasion radicale non plus, mais on peut l’analyser comme une réjouissante métaphore non seulement du Concours mais aussi de la société en générale qui vous aidera à relativiser, et, qui sait, vous incitera peut être à rejoindre les anar’ nordiques de Christiania (voir premiers articles de ce blog). Ca se passe au Japon (comment ? je crois ne pas déceler sur vos visages émaciés par les révisions l’étonnement que j’escomptait, enfin quoi, vous n’oseriez tout de même pas me faire l’affront de vous y être attendus !) dans un futur proche (qui est déjà un peu passé mais bon… on aime les années 90 !) le régime est tombé, la crise éco fait rage (grandes obsessions japonaises, d’un côté, il y a de quoi, enfin, pas si l’on tient compte des tailles et statuts respectifs des EU, du Japon et de l’UE, là, clairement, le Japon force plus que le respect, l’aplatissement des deux autres sur leurs tatamis, tête en bas, cul en l’air. Mais je m’égare…) il y a 15% de chômage et 800 000 lycéens ont décidé de quitter l’école. Du coup les vieux (encore eux, décidemment) on peur des jeunes (ils ont raison nyark nyark) de ardeur révolutionnaire, de leur indiscipline (a propos, ça fait 40 ans que… mais non, je dévie, zut, enfin bref, avant que l’Ordre et ses sbires ne phagocytent l’énergie chaotique de la jeunesse et ne la coule dans le moule du capitalisme) et on donc mis au point : BATTLE ROYALE survival program (prononcé en japonais, c’est hilarant ! Le programme en lui-même l’est moins, quoi que…), attention chéris, ça va trancher ! (et si quelqu’un murmure qu’il s’y attendais, je l’explose à la kalach’, non mais)

 

            Au commencement il y eut le Verbe, et le Verbe se fit Livre. Et dans la suite logique des choses, le livre se fit manga (dessin type années 80, une horreur absolue, on dirait du mauvais comic, mais intéressant car bien que suivant strictement le même scenario, chaque personnage est davantage fouillé développé avec backgroud etc… et du coup c’est encore plus glauque, on frise parfois le Christiane F. 13 ans droguée, prostituée (à lire si vous voulez passer le reste de vos jour dans une chartreuse à prier pour soulager les misères du monde, ou monter une assoc’ d’aide aux jeunes en détresse, si vous êtes trop jeune pour prendre ce genre de décisions, évitez cette lecture et trois semaines de dépression intense) ) et le manga film. Le livre originel serait une sorte d’équivalent nippon de 1984, le film et le manga insistent beaucoup moins sur l’aspect politique que sur l’aspect humain des choses.

            Imaginez une classe de 3eme qui part joyeusement en voyage scolaire de fin d’année, les petites amourettes, les rivalités, un joyeux foutoir dans le car…hermétique (mais les élèves ne le savent pas), le héros se réveille alors que tous dorment et se fait assommer par une chose bizarre, hybride d’infirmière et de domina, tailleur violet, chignon strict, masque à gaz (d’où l’endormissement) assez sayks j’doa dire… Et la joyeuse troupe se réveille dans une salle de classe, entourés par la police, et devant un de leurs profs, Kitano sensei, joué par, devinez qui, Kitano Takeshi lui-même ! C’est là que ça devient drôle : on a peut être le passage le plus glauque du film, très mordant pour des Japonais (on connaît moins ça en France) : les règles du jeu sont expliquées sur un écran par une présentatrice ultra maquillée, excitée, sexy en mini battledress qui explique avec force sourires, sautillements, gestes des bras (on n’est pas très loin de la tecktonik) que oh comme c’est super, leur classe a été tirée au sort parmi toutes celles du pays pour participer au jeu, qui est passionnant, c’est génial, ils vont bien s’amuser, comme ils peuvent le voir, ils ont tous des colliers autour du cou qui permettent de les repérer sur l’île et qui peuvent exploser (et exploser la trachée par la même occasion) sur simple commande (panique dans la salle, à un moment, une élève papote, le prof, au mépris de tout règlement, lui envoie un couteau dans le front, ce qui est assez efficace comme pédagogie (pas de récidive) mais que je ne saurais trop déconseiller aux profs qui pourraient lire ces lignes, il est assez pénible d’avoir à gérer des parents hystériques, suite à la mort de la bavarde, écran noir : « mort(s), fille n° X, survivants :47 », bienvenue à bord !) les règles sont simple, hihihi, l’île fait 10 km de circonférence, ils sont 48 (enfin, 47 maintenant, mais la présentatrice ne le sait pas) à l’issue de trois jours de combat, il doit n’en rester qu’un (le vainqueur, on l’aura compris, qui a le droit de rentrer chez lui et reprendre la traintrain de sa vie lycéenne) si il en reste plus, tous les colliers explosent, c’est ballot hein, de même que si on essaie de sortir de l’île, au fur et à mesure du jeu, certaines zones de l’île sont interdites, si on s’y trouve, boum ! hihihi. Chaque jour, des communiqués indiqueront les morts et les zones interdites (avec des messages du genre « ce matin il n’y a que trois morts, vous vous laissez aller, je suis déçu). Enfin, c’est vraiment trop cool, ils reçoivent tous un sac avec des vivres (deux pains, trois bouteilles d’eau) une carte de l’île, un feutre noir et une arme. Et là où ça devient vraiment drôle (pour une fois c’est pas le présentatrice qui dit ça, c’est moi) c’est que les armes sont distribuées au hasard et là par exemple (la présentatrice ouvre le sac) une hache, bouh ! hihihi. Allez, c’est super ! Allez y et que le meilleur gagne, hihihi !

            Panique, cris, pleurs, on fait exploser un élève pour l’exemple (comme par hasard le meilleur ami du héros), on apporte le cadavre du prof qui les accompagnait en voyage et qui refusait ce jeu, et qu’évidemment les élèves adoraient. En plus des 46 élèves de la classe, il y a deux nouveaux élèves, des beaux gosses ténébreux, of course. Après maints grincements de dents, nos sympathiques collégiens s’éparpillent dans l’île.

 

Evidemment, l’un des buts du film est la pure jouissance bien malsaine, à la japonaise, de voir des collégiens en uniforme se massacrer à coups de hache, de faucille, de fusil, de kalach’, de grenades, d’arc, de katana, de hache et le sang coule sur les chemises des écolières (l’une des plus chouettes images du film étant au début, l’arrivée de la gagnante du jeu précédent, une gamine couverte de sang qui serre une peluche contre elle avec un sourire sadique et un regard de tueur), et on va de tentative de viol et plan-culottes (pour les ignares, c’est un gros délire nippon, à savoir la culotte blanche en coton, qui, aperçue sous une jupe, a toujours son effet sur le public masculin) a massacre de 5 amies qui s’entre déchirent, le contraste frêle jeune fille (en uniforme) et gros calibre étant une des choses les plus bombantes que le cinéma B ait inventé. Et QUI n’a pas un jours rêvé de se faire toute sa classe à la 22 long rifle ? Perso ça ne m’est pas arrivé depuis que je suis à LLG, mais en seconde par exemple, il n’y a pas l’ombre d’un micro-doute que j’aurais remporté le jeu (avec grand plaisir en plus), en troisième j’aurais eu plus de remord pour deux trois personnes, mais bon…

 

Outre cet aspect esthético-sadique des choses, il est fort intéressant d’observer les stratégies, les groupements, les alliances, les personnalités qui surgissent. Il y a ceux qui refusent le jeu : les héros, of course, un gars, une fille (non, il ne se passe rien, on est dans la pureté et la chevalerie, non mais !) qui reçoivent respectivement un couvercle de casserole et des jumelles comme armes, c’est tout dire, pacifistes convaincus, ils vont traverser tout le jeu sans tuer personne (enfin si, un gars, mais c’est lui qui avait commencé), des tas de couples qui se suicident fort romantiquement en sautant des falaises ou en se pendant (ce qui est une des plus belles façons de refuser le jeu), la manière la plus conne : deux filles au somment d’une colline agitent leurs vestes et appellent à la paix et à l’union de tous dans un porte voix, évidemment, elles ne tiennent que deux minutes avant de se faire dessouder, la manière la plus intelligente, la plus organisée, qui était sur le point de réussir : un hacker dont l’oncle est un activiste anar’ (pas vraiment le genre Christiania) réunit à l’aide de deux amis tous les ingrédients pour grosse bombe et cocktails Molotov, trouve un générateur électrique pour alimenter son portable et véroler le système central du contrôle des zones et des colliers (il faut dire que l’île est certes dépeuplée mais non pas déserte : on trouve des tas de trucs, un phare (idéal pour se suicider), de quoi faire de la bonne nourriture, un dispensaire, une zone/hangar dépotoir). Il y a ceux qui essaient de s’unir : les filles du phare qui finissent par s’entretuer après l’arrivée d’un garçon (le héros), les héros et un autre dont on parlera plus tard, mais en général, ce n’est pas une méthode très efficace. Les solitaire, souvent ceux qui entrent dans le jeu, avec plus ou moins de succès et d’art, certains expriment ainsi leurs plus bas instinct, d’autres leur désir de tout faire parfaitement bien (scène mémorable du fort-en-maths qui tue en récitant ses théorèmes), d’autres leur soif de se venger d’une classe qui les prend comme souffre-douleur (sûrement le cas du gros à l’arc), on a aussi une chouette fille, qui tout simplement, et assez sainement, préfère tuer que se faire tuer et ainsi tue un sacré beau gosse qui lui révèle son amour avant de mourir, donc forcément, ça l’achève. Mais surtout, deux figures de dieux du carnage se dégagent de la masse : un des deux nouveaux élèves, un volontaire, vainqueur d’une édition précédente du jeu qui rempile par pur plaisir, dans le manga, il est appelé par un élève « le dieu nihiliste » et il y a de ça. Beau gosse (forcément) roux (forcément bis, ça fait diabolique) élégant en uniforme noir (forcément ter) alors que les autres sont en beige il traverse les flammes, les rafales, tue pour la beauté du geste et par sadisme. Son alter ego féminin, elle, tue pour survivre, parce qu’elle n’a aucune envie de se faire tuer, mais avec un certain charme macabre et des méthodes carrément glauques du genre mante religieuse, c’est bien sûr la plus jolie fille de la classe avec de longues jambes fines, une pâleur parfaite, de longs cheveux noirs, elle n’a ni scrupules, ni pitié, ni principes à part survivre coûte que coûte.

                                      

            Disons le tout de suite, ça va se jouer entre les deux héros et leur ambigu ange gardien (l’autre nouvel élève), les deux anges exterminateurs, le hacker et ses potes. Outre les aspect sociologiques et politiques (la société est elles autre chose qu’une gigantesque B.R. ?) on peut ajouter une suggestion à Moniiiiiiiiiiiique : et si on remplaçait le Concours par une B.R. avec 1300 participants et 75 gagnants ? Le sous titre ne serait plus « avez-vous déjà tué votre meilleur ami ? » mais « êtes-vous prêts à exterminer les Connards d’En Haut ? » ça rendrait le tout un poil plus vivant (si j’ose dire…) que de plancher en silence sur des copies, en plus, avec un uniforme sexy et des armes bien bandants, je suis sûre que ça aurait beaucoup de succès. Par contre, il faudrait prévoir une armée de psys pour les gagnants (mais n’est ce pas valable avec le Concours tel qu’il est ?).

Bon, sans dec’, réfléchissons y vraiment : prenez une personne que vous aimez, dans votre classe ou pas, amitié ou autre, préféreriez vous la tuer, ou qu’elle vous tue ?

 

Alors, vous voyez bien qu’il n’est pas si terrible, ce Concours, hein !

Gambatte !!!


PS: à ceux qui m'envoient des messages grâce au lien bien planqué en bas, en bonne noob que je suis, je suis totalement infoutue de voir l'adresse et ne peut donc pas répondre pour l'instant, mais je cherche, je cherche...

PPS, c'est vrai, le blanc sur gris c'est moche mais c'est plus lisible, donc back to white comme ne dirait pas certaine chanteuse aux habitudes de vie un poil douteuses


PPPS, Edith (histoire de rester dans les chansonnettes): ayé, ai trouvé, à ce niveau ça n'est plus de la noobitude, c'est le chien et la canne blanche!

par Macht publié dans : sur l'écran blanc de mes jours noirs
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Samedi 12 avril 2008

Comme le but de ce blog est de faire partager des découvertes ou considérations, vou aurez devinez qu'il ne s'agit pas de poésie auto-réflechissante et totalement autiste (quoi que parfois...) genre mais bien d'un avatar pernicieux de l' "universel reportage"
donc la lisibilité et l'atractivité comptent.
Si par hasard ce blog a des lecteurs, si quelques oisifs ont du temps à perdre à lire mes élucubrations (ce qui m'honore infiniment) c'est le moment de se manifester, bande de crabes de poche! (encore un joli nom allemand ^^): touvez vous qu'il y a trop de texte, que c'est écrit trop petit, que ça n'est pas assez espacé, que ça manque d'image etc....
(ou autre, si vous avez des suggestions...)
voilou!
parce que le tout est de ne pas trop être emmerdant...

par Macht
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Samedi 12 avril 2008

Jetons un coup d’œil (mais sectionnons nous le nerf optique d’abord, sinon ça fait jokari) sévère (l’œil, parce que pour ce qui est de la sévérité du coup, autant tuer un âne à coups de figues molles) sur les rues parisiennes au début de la semaine qui parvient aujourd’hui à sa fin. L’évidence frappe : elles sont fort occupées, fort bruyantes, fort agités ces rues et toujours soit disant « pour la bonne cause »…

 

Dimanche : cortège pré-funéraire qui se voulait cérémonieux en soutient à notre Ingrid nationale. Alors que le régime adopte maints aspects négatifs de la monarchie en négligeant les bons, Nicolas Ier se trouve sans doute en manque de rites sacrés, et encore plus sûrement de respectabilité, heureusement, Ingrid est là, noble cause toute trouvée et surtout toute symbolique. En effet, l’inutilité et l’inefficacité crasses des démarches entreprises est flagrante : qu’est-ce que les FARC ont à foutre d’une marche à Paris, de la photo de la star sur le parvis de l’Hotel (je devrais presque écrire l’Autel) de Ville, d’une mission humanitaire ? Que Nicolas Ier de France remballe le clinquant attirail de sa fierté : que d’énergie déployée pour trois malheureux otages dont la libération fut entièrement soumise à la stratégie et aux manœuvres des FARC ! Quant à la mère Betancourt, mieux vaut oublier. Selon la morale même, mieux vaut oublier.

Elle ne vous court pas sur le bambou, à vous, la Jane colombienne ? Oh oui, que son sort est triste, la pauvre, c’est vraiment affreux (sans ironie là) de passer toutes ces années dans cette jungle humide et grouillante, livrée sans dérivatif à ses plus sombres pensées, isolée, humiliée, c’est sûr, c’est pas joli du tout. Mais on a trop tendance à oublier que c’est également le sort de ses centaines de compagnons de détresse. Ouh là, qu’ai-je dis ! pardonnez cette offense au bon goût, ce crime de lèse Rollex, yacht, diams et autres bling bling. J’allais oser rappeler ces pèquenots colombiens à vos bons, pieux et bien pensants souvenirs (c’est un vous général d’une pauvre blogueuse persuadée de s’adresser en direct à l’opinion publique, aux médias, aux apparatchiks de tout poils, ne le prenez pas pour vous en particulier, ô lecteur éclairé qui, j’en suis convaincue, partage ma juste indignation), ces misérables culs-terreux qui ne s’accordent guère au chic de l’intelligentsia boboïsante qui prend l’avion comme moi le bus (les ours polaires vous disent merci !). Allons donc, quand on n’a pas le bon goût d’être riche, de bonne famille et brillant politicien, quand on n’a pas été fouiller la merde en se prenant pour le messie de la Colombie, quand on n’a rien demandé à personne, qu’on s’est contenté de labourer son champ et d’être sur la mauvaise route au mauvais moment, on n’a qu’un droit : celui de fermer sa gueule, de mourir de faim et de mauvais traitements, de s’abrutir de psychotropes si on trouve les plantes appropriés et de prier la Vierge, pas pour soi, pffffff, bande d’otages égoïstes, pour la seule vraie otage, l’unique, la valeureuse, la courageuse Ingrid Betancourt. Sur ce vive la démocratie, c’est une chose admirable, et vive l’égalité, quel mot glorieux !

 

Lundi : la flamme de Pekin… allez essayer de mobiliser de jeunes étudiants gauchisants et intellectuellement supérieurs pour défendre la liberté de culte, d’expression, de culture (j’invente mais ça n’est pas une si mauvaise idée après tout), je vous souhaite bien du courage ! Et dire que la plupart ont lu les prétendues « lumières » du XVIIIe (qui décidemment n’a donné de bonnes choses qu’en Allemagne et en Angleterre) et sont même tombés d’accord avec ces beaux esprits emperruqués… Bref manifestation réussie en général, beaucoup de drapeaux tibétains, ou celui de RSF, engueulades avec les pro-Chinois (que des Chinois, alors que les anti-JO étaient Tibétains, Français, Anglais, Chinois (d’autres régions que le Tibet), Vietnamiens etc…) blocages de la flamme, bastons avec les CRSS. Les Tibétains m’ont particulièrement touchée : la joie de se sentir soutenus (une femme toute contente a pris mon t-shirt « Tibet Libre » entièrement manufacturé par ma blanche mimine en photo), la douleur, la passion au sens tragique : une femme s’est approchée du camion-tribune et a hurlé « Assassins, Assassins, vous torturez, vous êtes ignobles etc…. » avec une rage incroyable, c’était vraiment très impressionnant. Je n’imaginais une telle souffrance, une telle résolution que dans les jacqueries et les pièces de Brecht. Ces visions ont suscité chez les Européens une véritable empathie, nous étions un front, soudé contre la mascarade de ces jeux du cirque au sens antique du terme. Bien sûr, quelques bémols : une inculture assez crasse de certains manifestants visiblement manipulés (mais au moins ça fait des voix et des corps de plus) dont les réactions décontenancées et interdites à mon cri de « Libérez Lhassa » m’ont laissé suspecter leur ignorance de la capitale culturelle et cultuelle du Tibet. Bien pire, un groupe de quatre ou cinq jeunes filles surexcitées s’en sont pris aux supporters Chinois qui ne demandaient rien à personne avec des propos injurieux et humiliants sur le compte de leur pays, elles leur ont arraché leur drapeau, l’ont piétiné (en fait, une seule, mais les autres n’ont rien fait pour l’empêcher) dans la boue, ces petites idiotes piétinaient la cause qu’elles défendaient par leur attitude offensante, ça n’était plus le défense d’une culture, c’était la haine prenant possession de la foule. C’est alors que l’on comprend la Terreur, les Pogroms, la Saint Barthélemy…

            Le soir même, les apparatchiks du CIO nous ont balancés les arguments les plus fallacieux qu’ils ont pu trouver, des arguments tellement ridicules qu’ils sont une injure :

_les JO n’ont rien à voir avec la politique, et de se référer avec auto satisfaction à la tradition antique de la trêve entre cités comme si les manifestants étaient des ignares pour lesquels l’esprit olympique commençait avec Pierre de Coubertin. Si les JO n’ont rien de politique et doivent symboliser la paix, c’est dans un lieu fixe qu’il faut les organiser : à Olympie par exemple. Ce qui politise les JO est le choix d’un pays. Quand le pays choisi souffre d’un gouvernement à l’esprit radicalement opposé aux valeurs olympiques, c’est protéger les JO que de s’y opposer.

_les manifestants sont manipulés, un tel engagement soudain ne peut être le fait que du bourrage de crâne médiatique, et hop, un petit coup de condescendance envers la masse, enfant dangereux. Cela fait au moins quatre ans que je lis des textes évoquant la terre des stades de Pékin qui avait rougi du sang de condamnés politiques avant d’être foulée par les athlètes, et autres manifestations journalistiques de désapprobation. Le mouvement actuel en est une suite logique dont l’ampleur a été provoquée par la Chine elle-même, ses répressions massives au Tibet juste au moment du départ de la flamme, sa condamnation de ses citoyens qui ont osé élever la voix pour désapprouver le gouvernement.

_c’est du racisme anti-Chinois ; parce que c’est vrai, à l’époque de la Halde, on ne peut plus critiquer un étranger sous peine de racisme, il y a même du racisme anti-Ch’tis, voyez-vous cela ! Hé, Yusuke, tu t’habilles comme un sac ! racisme anti-Japonais, Mouloud, gros tas de saindoux racisme anti-Arabe. J’attends le jour où ne pas insulter un étranger sera considéré comme raciste sous prétexte qu’on ne lui réserve pas le même traitement qu’à ses autres camarades. Bref, revenons à nos Chinois… On peut critiquer un gouvernement et apprécier la culture du pays que diable ! Et s’il faut attendre d’être soi-même irréprochable pour critiquer l’autre, plus personne ne dira rien, ce qui ne fait pas avancer les choses. En outre, le maoïsme et tout ce qui en dérive (dont le régime actuel) sont l’opposé des valeurs du confucianisme et du taoïsme, bref, les vrais sinophiles sont ceux qui s’opposent à la Chine actuelle (allez-y, traitez moi de Jésuite, je m’en fous ^ ^ ). Et j’ai manifesté avec à mon poignet un bracelet à grelot frappé du dragon et du phénix, venu tout droit de Chine, donc ne me faites pas la blague de la sinophobie ! J’en profite pour faire une dédicace aux Chinois qui lisent ce blog (il y en a au moins un, mais non le moindre) vive la culture chinoise, vive Wudang (parce que Shaolin, c’est surfait) vive Zhang Ziyi, vive Tigre et Dragon, Hero, vive la cuisine chinoise, c’est trop top, vivent les sabres, vivent les dragons ! (et courage pour la médecine, douloureux processus… SUCE ! avale et passe à ta voisine ! hihihi)

_ c’est de l’histoire ancienne tout ça, ce serait comme revendiquer l’indépendance de la Bretagne, la Chine a annexé le Tibet depuis plusieurs siècles, clamaient certains Chinois, du genre « vous ne connaissez même pas votre propre histoire, eh, bande de nuls ». Je leur répliquerais « vous ne connaissez même pas les revendications tibétaines, eh, bande de nazes ». Même si l’on crie « Tibet libre » il ne s’agit pas d’indépendance (oui, le slogan est abusif, mais c’est le propre d’un slogan, vous en connaissez beaucoup, vous, de slogans subtils et  diplomates ?) mais bien de la reconnaissance d’une culture qui n’est pas la culture uniforme que veut répandre le régime centralisé de Pékin, la reconnaissance d’un langue, de traditions, d’un culte qui sont niés et abattus par le gouvernement communiste. En France, si l’on tient absolument à comparer deux situations qui n’ont guère de rapport, les langues et coutumes régionales ont (ou devraient avoir) une part importante sur le plan local, c’est la même chose que l’on veut pour le Tibet. Et pour la liberté d’un peuple (car je ne pense pas que le Tibet par rapport à la Chine soit comparable à la Bretagne par rapport à la France) il n’y a pas de « prescription », le meilleur exemple : l’Irlande, qui est injustement occupée par l’Angleterre depuis le XIIeme siècle, ça n’est pas une raison pour abandonner l’Ulster à un « état de fait » le combat continue à travers les siècles ! Free Ireland !!! All Hail to Michael Collins (and free Tibet to, ne les oublions pas…)

_la société tibétaine est une horrible théocratie, oh le vilain Dalaï Lama ! Fi, les affreux moines qui paissent sur le dos des serfs, heureusement que les Chinois ont mis fin à cet odieux régimes et éteint cette hideuse culture… disent ceux qui sont toujours persuadés que l’Histoire commence en 1789 et que la Terreur, c’est la voie de la liberté. Et en effet, la situation est tout à fait comparable à celle de la Vendée, la volonté d’étendre la chouannerie sà toute la France exceptée : les Tibétains veulent prier comme ils l’entendent, obéir à qui ils entendent, si cela heurte les convictions des communistes et des occidentaux, tant pis, au nom de la liberté, laissez-les s vivre selon leurs coutumes, même si elles ne correspondent pas à vos idéaux (et que je sache, cela n’incluse ni mutilations ni sacrifices humains, si vous voulez vous insurger contre des coutumes barbares, occupez-vous de l’excision !). Le fait d’être une théocratie ne justifie en rien l’extinction volontaire d’une civilisation ! c’est raisonner comme un Cortes que de croire cela !

 

Mardi : et c’est reparti pour de la mobilisation, lycéenne cette fois, c’est dingue comme ces petites bêtes sont organisées pour foutre le bordel. Je ne dirai rien des suppressions de post envisagées, mais cela me semble un tantinet moins important que l’oppression au Tibet. Si tous les lycéens qui ont fait grève, blocages, manifestations s’étaient mobilisés pour le Tibet, c’eut été un véritable raz de marée !!! Cela prouve deux choses : les lycéens sont bien pensants et altruistes, mais surtout quand ça les concernes, leur engagement étant inversement proportionnel à la distance qui les sépare de la cause, et nombreux sont ceux qui voulaient juste roupiller et reculer le bac blanc !

par Macht publié dans : délirs sur la cité des hommes
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Vendredi 4 avril 2008

Il est grand, blond, germanique et ach so romantisch, il a une musculature puissante, des canines un tantinet surdéveloppées, et LA classe totalitaire, il a souffert dans son âme et dans son corps les tourments de l’enfer, il rôde comme une ombre sublime et fière dans un univers apocalyptique. Elle a des cheveux de ténèbres, un corps de prédateur, froid et dur, un goût prononcé pour le rouge et le noir, elle manie le fouet avec dextérité, sa seule jouissance la mort, son seul délice, le sang (d’ailleurs, son ombre plane sur ce blog).

Vous connaissez ? Non ? est-ce possible ? Ceux qui errent dans les camps de préparation de la rue Saint Jacques n’ont aucune excuse : leur esprit démoniaque hante les lieux… depuis l’angle de la rue des souffrances estudiantines et du noble (et délicieusement décadent, du moins dans mes fantasmes XIXemistes) boulevard ou arbore fièrement son store criard un temple de la bulle franco-belge : Album.

 

Eh oui, je vous parle aujourd’hui de bulles particulièrement pointues, en forme de canines même puisqu’il s’agit, à mon humble avis, de LA référence en matière de BD vampirique (au cas ou vous ne l’auriez pas compris, les personnages évoqués plus haut sont donc fictifs, je me méfie de vos rapprochements douteux, non mais, faudrait pas s’imaginer des choses non plus). C’est l’histoire d’un bogoss de la Wehrmacht, Heinrich (l’aryen type) qui a pour maîtresse une non moins belle juive (rhô le clichéééé, c’est téléphoné ! allez-vous récriminer, bon, certes, mais c’est justement le but, un peu comme dans les films de Ken Russel : toutes les icônes caractérisant une certaine esthétique y sont), il meurt bravement sur le front de l’Est, avec un amour sincère pour la mère patrie et passionnel pour sa dulcinée. Après s’être fait dûment exploser la face par un genre de mongoloïde rouge ignoble (je précise tt de suite, contrairement aux apparences, cette BD n’est pas néonazie, enfin, rien ne le prouve en tt cas, et le héros DETESTE les SS), notre héros se retrouve sur une étrange planète, Resurrection, qui est le négatif de la terre et son enfer :  on y rajeunit, au lieu de vieillir (donc les big boss sont des sortes de bébés diaboliques), les terres sont à la place des mers etc…, il va y devenir Requiem (ça c’est le titre de la BD) le chevalier vampire (ça c’est le sous-titre) enfin, je me demande si déjà sur terre son nom n’était pas Heinrich von Requiem, mais j’ai un peu oublié l’intrigue, qui n’a pas grande importance il faut bien le dire.

 

Ce qui compte, dans cette BD, ce sont deux éléments, mais pas au même degré : les dessins d’Olivier Ledroit tout d’abord (je ne mets pas d’exemple cause vous savez que je suis une vieille noob infoutue de décorer son blog, mais si vous avez un brin de jugeote, et que vous êtes un tantinet fidèle comme lecteur _ oui, je sais, je me berce de douces illusions_  vous avez pu recouper les indices : « son ombre plane sur ce blog » NON ça n’était pas le communisme, bande de prolétaires unis, « Resurrection » mais oui, vous avez déjà vu l’héroïne dont je parlais sur ces pages avec sa peau blanche décorée de cabalistiques tatouages, et surtout son gros sabre plein de sang _ vade retro Freud_ donc vous avez déjà un avant goût des merveilles ledroitiennes), dessinateur entre autres des Chroniques de la Lune Noire (où apparaissent les mêmes thèmes esthétiques que dans Requiem, à savoir les grosses armures, les démons, les armes blanches, les batailles rangées avec des tas d’étendards _ Leni Riefenstahl sors de ce corps !_ les chevaliers, les succubes, le sang) et Sha. Et dans une moindre mesure, mais c’est quand même très chouette, l’humour des textes avec moult injures assonantiques, du second degré, de la dérision : les persos ne se prennent pas du tout au sérieux.

 

Ce qui est particulièrement jouissif pour le lecteur, ce sont les tableaux, les univers et les thèmes esthétiques présents dans cette BD, Ledroit est en quelque sorte à la BD ce que Russel est au cinéma, comme je l’ai déjà évoqué : de sublimes images et on ne s’emmerde pas ( à la différence des films japonais) et pas beaucoup de suivi dans le scénar, du moins une grande complexité un poil sous acide, ce qui contribue au charme percutant de ces œuvres. Les univers explorés ont ceux du gothique et du SM, sous leurs divers aspects : cour libertine façon baroque, thème de la mascarade, de la farce, burlesque (j’aurais même pu écrire burlesk, les initiés comprendront, de toute façon, dès qu’on met un k quelque par, c’est bon, ça fait goth’, ou fetish, ou SM, bref…), gros fantasmes sur la puissance (des armées, des armes de pur bourrins, on se croirait dans un Game Workshop parfois, section Inquisitor) avec une pure troupe de croisés qui déchire sa Môman, ce qui nous amène à la peinture du diable sous des traits totalitaire avec les casquettes, les manteaux de cuir et les bottes qui vont bien, corsets et hauts de formes (encore le burlesque), cuissardes, la plupart des personnage féminins sont habillés en dominatrices, les bas fonds façon Londres XIXeme, grouillant comme dans un Tim Burton avec des personnages sordides, gras, en voie de putréfaction interne, au contraire, des aristos raffinés, cruels et pervers, un poil de cyber punk avec des méthodes de conservations des corps assez matrixiennes, des esclaves sexuelles bandées, des pirates, des squelettes, des zombies, des vampires, des démons, des lémures. Bref, tout ce qu’on aime, du sang, de la belle cuisse (tous les héros sont musculeux à souhait et cheveux longs, ou en brosse, les héroïnes ont des critères de beauté indiens : hanches larges, membres minces, tailles ultra fine, et nibs de tarées !) et de la baston bourrine à l’épée, à l’éviscerateur et autres joyeusetés.

 

Mais ce serait faire insulte au génie de Ledroit qu’il ne s’agit que de fan-service pour faire bander les camionneurs. Les références culturelles sont omniprésentes : Shakespeare, Nietzsche, Struwel Peter ( !), le Malleus Maleficorum et bien d’autres traditions occidentales, sans oublier tout ce que mon inculture ne m’aura pas permit de voir. Mais la tradition n’est pas que dans le directement visible, l’agencement des tomes entre eux, la prédominances d’un certaine tonalité, d’une certaine couleur correspond à une symbolique classique alliant planètes, couleurs, caractères et quelques symboles alchimiques (que l’on retrouve tatoués sur les corps des héros). Ce n’est pas innocent si c’est Jodorowski qui a préfacé l’artbook de Ledroit !

 

Enfin, la série est marquée et progresse grâce à des personnages très incarnés, fascinants, ayant chacun leur histoire propre qui mériterait bien sa série (ce qui a d’ailleurs été le cas avec Claudia, série hélas lamentablement ratée, au trait grossier, uniquement dévolue au fan-service trash). Requiem, le héros, partagé (comme tout vampire qui se respecte depuis Anne Rice) entre sa nature de carnassier, sa soif de sang et de sexe et la pureté de son amour pour Rebecca qu’il essaie toujours de sauver de multiples crocs, son sens de l’honneur et de la camaraderie, mais aussi Claudia (celle dont on parle depuis le début), sublime et superbe (au sens latin), froide, fatale, cruelle, LA dominatrice de tous les fantasmes, une piratesse zombie qui a un cran fou, délicieusement nommée Vénus, car la Camarde a des appâts divins, Dracula dans une armure qui évoque irrésistiblement le film de Coppola et qui a la classe suprême (d’un côté, c’est le Saigneur de tous les vampires) et sa famille de dégénérés fort sympathiques, Otto, le nostalgique à la Ritterkreuz tatouée sur l’œil, qui, forcément, à une dent (rhô l’humour eh !) contre Rebecca qu’il essaie de griller au lance flamme et qui, à la fin d’un épisode, alors qu’on le croyait méchamment abîmé revient en hurlant « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », ben tiens…, mais surtout, mes préférées, les Sœurs de Sang, ordre « religieux » (ahem) aux cagoules invraisemblables (rouge sombre), vêtues d’un micro justaucorps (rouge sombre), d’une cape (rouge sombre), de cuissardes (rouge sombre) et d’une ceinture de chasteté (or) le tout avec une classe folle, pas du tout façon cirque, qui passent leur temps à protéger la pureté, le sang, la pureté du sang, et a se servir de leurs armes ultra-sadiques (elles n’aiment pas trop les mâles les vierges de glace).

 

Bref, aiguisez vos canines aux pages d’acier et de sang de Requiem, le chevalier vampire, de Ledroit et Mills, éditions Nickel, ma BD culte, qui enfonce Miss Pastouche (enfin, façon de parler hein) et Rapaces réunis !

par Macht publié dans : Bulles pointues
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Mardi 1 avril 2008

Je tiens à signaler, à propos des quelques plasticités dont je vous inflige la vue ces temps-ci, que les anti-depression-et-diarrhée-dues-au-fait-de-l-absence-totale-d-interêt-de-certains-cours sont faits avec un typex à éponge (histoire que vous ne pensiez pas que je sois si nulle avec un typex de type stylo) et ces derniers gribouillages à la plus que va vite (en temps normal c'est un poil moins affreux)
par Macht publié dans : l'univers préparationnaire
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Mardi 1 avril 2008
par Macht publié dans : l'univers préparationnaire
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Mardi 1 avril 2008
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Mardi 1 avril 2008
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